Laurent | portrait

« Je m’intéresse à ce qui n’intéresse pas les autres. »

Laurent, mars 2019

J’ai rencontré Laurent au QG du rond-point de Schirmeck un dimanche de janvier. Le ton était à l’indignation après que les CRS aient éborgné Jérôme Rodrigues qui filmait la manifestation. Quand j’avais demandé à Laurent qui était Jérôme Rodrigues, il m’avait répondu que c’était une figure importante du mouvement, quelqu’un de la famille.
Nous étions au chaud dans la cabane. Deux poêles fumaient, le café circulait, les gens étaient disséminés dans la pièce, autour d’une table, près du bar, sur les canapés. Il y avait deux ou trois enfants qui entraient puis sortaient pour aller faire des signes aux voitures qui passaient. Convivial, c’était le mot, l’ambiance était remontée mais conviviale. Je m’étais sentie bien accueillie, j’étais à l’aise.
Un mois plus tard, lorsque j’ai proposé à Laurent de faire son portrait, il a accepté, à condition que cela ne se fasse pas au QG. Suite à un conflit qui avait éclaté dans le groupe, Laurent avait décidé de se retirer du QG. Il avait été récupérer ses affaires, pour lui, le QG, c’était terminé, il n’y remettrait plus les pieds.
Le lendemain de notre interview, pendant la nuit, le QG était consumé par le feu.

Les plans du QG ont été faits ici sur ma table. Ce jour-là, nous étions trois. Celui qui a conçu le plan, c’est quelqu’un du métier, il a donné ses directives, on a suivi. Notre credo, habituellement, c’est de n’accepter aucun leader sauf que là, c’était différent, il savait, nous on suivait. Ça ne me pose aucun problème. Pour la construction, on était une trentaine, la cabane a été montée en trois jours, au final elle n’a pas cédé. Ni au vent, ni à la pluie, rien n’était planté dans la terre et pourtant, elle a tenu bon.
Moi, les gilets jaunes, j’y suis depuis le premier jour, même avant en fait. Depuis octobre, on en parlait de cette taxe, alors, le 17 novembre quand des amis m’ont proposé de les rejoindre, je n’ai pas hésité une seule seconde, je suis allé sur le rond-point. Au départ, je pensais juste m’engager pour le samedi, peut-être encore le dimanche mais au final, j’ai été pris dedans, j’y suis encore au jour d’aujourd’hui.

Personnellement, je n’ai pas besoin d’être gilet jaune. Ma situation est stable, je suis mon propre patron, je ne me plains pas. Dans ma vie, c’est simple, je suis passé par tellement de métiers différents que j’ai arrêté d’en faire le compte au bout d’un moment.
Au départ, j’ai une formation de cuisinier mais lorsque je me suis marié, à cause des horaires, j’ai changé et je suis allé travailler à la fonderie de Schirmeck. Puis, j’ai quitté l’usine pour aller travailler sur des chantiers, c’était mieux payé. J’ai travaillé en France, j’ai travaillé en Allemagne, mais mon meilleur souvenir c’est à Nice. J’avais été embauché sur un chantier où il n’y avait pas de possibilité de cantine, on mangeait mal. Un jour, l’un d’entre nous a pris tout le monde à parti : « bon, prenons les choses en main, qui sait faire de la cuisine ici ? » On était deux à lever la main. A compter de ce jour, on a été mis à la popote tandis que les autres se répartissaient notre charge de travail sur le chantier. Chaque jour, on préparait le repas pour 80 personnes, c’est pas rien. Le premier jour, ce qu’on a fait, c’est qu’on a été voir le gérant de l’hypermarché du coin pour négocier les prix. On lui a demandé 30 pour cent de réduction sur l’ensemble des achats. En échange, on venait se fournir chaque jour chez lui. Le gérant nous a demandé un temps de réflexion. Quand il nous a rappelé dans l’après-midi, il nous a dit qu’il avait fait ses calculs. Il pouvait aller jusqu’à 25 pour cent, au-delà, il ne s’en sortait pas. On a accepté et depuis ce jour, on a marché ensemble. Chaque jour, on avait un budget de 30 francs par personne pour faire le repas, boissons comprises. Le pastis, ça descend fort sur les chantiers.
J’ai arrêté le jour où j’ai réalisé que je ne voyais pas grandir mon fils. Je suis revenu dans la région et j’ai été travailler à la carrière d’Hersbach, je l’ai fait pendant 6 ans. La première semaine, j’avais des cloques partout sur les mains. Même avec des gants, casser des pierres à la masse c’est un coup à prendre, si on s’y prend mal c’est le corps qui en prend un coup. C’était dur mais j’aime ça, j’aime me confronter à la matière, même si d’apparence, je n’ai pas le physique qui va avec. Mon rêve, ça aurait été de travailler dans des mines de sel. Travailler sous 47° avec 92 pour cent d’humidité, je crois que ça m’aurait plu. Ça ou encore tailleur de pierre. L’occasion ne s’est pas présentée.
J’ai travaillé 6 ans à la carrière, d’abord comme manœuvre ensuite comme conducteur d’engins. Puis, je suis allé travailler à la scierie d’Urmatt. J’étais syndiqué depuis longtemps et un jour, un gars du syndicat m’a demandé si je voulais bien me mettre sur la liste pour les prudhommes. Il m’avait dit que je ne serai pas en position éligible mais au final, j’ai fait juge aux prudhommes pendant six ans. J’ai arrêté quand je suis passé à mon compte mais j’ai encore ma carte sur moi.

Aujourd’hui, je suis brocanteur. Ça fait déjà quinze ans, c’est la première fois que je garde un boulot aussi longtemps. Ça me fait bizarre parfois mais le fait est que j’adore mon métier.
Ma spécialité, c’est les cartes postales et les pièces de monnaie. Le reste, je le prends quand je sais que je peux le revendre par-derrière. Je vide des maisons, j’achète dans des brocantes des objets pour les revendre à meilleur prix ensuite. Je m’intéresse à ce qui n’intéresse pas les autres, je fais des affaires de cette manière. J’achète des clous en fer forgé. Les clous, ça n’intéresse personne, quand j’en trouve, je les achète par lots entiers, au prix de la ferraille. Je les revends derrière 1 euro pièce, c’est une bonne affaire, je suis en train d’en trier 500 pour un client.
La baisse du pouvoir d’achat, je la ressens sur mes ventes. Aujourd’hui, c’est bien simple, je perds des clients. Ceux qui, avant, pouvaient mettre cinquante euros par mois de côté dans leur collection, maintenant, ces cinquante euros, ils les mettent dans la bouffe. Je parle des petits ou des moyens collectionneurs. Les plus riches, eux, ils continueront toujours à mettre le prix. Cette semaine, j’ai vendu un cadre à 141 euros. Je l’estimais à 80 euros mais le client a fait monter les enchères, il voulait absolument avoir ce cadre. C’est un exemple parmi d’autres. Un produit de luxe, je suis toujours sûr de le vendre mais les produits milieu de gamme, j’ai plus de mal en ce moment.
Je suis gilet jaune, je ne me bats pas pour moi, je me bats pour mes clients. Certains sont des copains à moi, ça me touche forcément. Moi, personnellement, je suis toujours resté sur le pouvoir d’achat. Pour moi, c’est la principale revendication des gilets jaunes. Il faudrait faire une liste des produits de première nécessité et les exempter de taxes. En contrepartie, taxer davantage les GAFA ou les produits de luxe. Le gars qui achète une montre Rollex, il s’en fiche de payer 200 euros de plus, ça ne lui change pas vraiment la donne. Alors que dans l’extrême inverse, l’augmentation des taxes, ça peut avoir un effet dramatique. Pour exemple, je vends une carte postale à 1 euro. Admettons que je l’achète à 20 centimes. Je la mets sur internet, cela me coûte 27 centimes. Si je la vends, je dois encore 5 pour cent sur la vente, j’en suis à cinquante-deux centimes. L’Etat me prend encore 16 centimes pour la taxe. Si par manque de chance, le gars me paie par Paypal, je rajoute 30 centimes de frais. Au final, je gagne 4 centimes sur l’achat. Sur un achat de 1 euro, les taxes me mangent mon gain. Sur un achat de 10 euros, je rentre dans mes frais. C’est une image pour dire que pour les plus pauvres, l’impact des taxes est plus fort que pour les plus riches. Je ne trouve pas cela normal.

Dans le mouvement des gilets jaunes, il y a toutes sortes de revendications et je suis loin de les partager toutes. Le SMIC à 1500 euros, je dis que ce n’est pas faisable. Il faudrait pour cela, ajuster l’ensemble des salaires, c’est pas possible pour les petits patrons. Sur les ronds-points, j’entends dire qu’il faudrait plus de pauses pour les chauffeurs routiers, franchement, si chacun commence à prêcher pour un petit bout de sa paroisse, on ne s’en sortira pas. Le problème c’est ça, les gens sont trop impatients, ils veulent tout et tout de suite alors que certaines mesures, ça doit prendre du temps. Pour moi, je le redis, la principale revendication concerne les taxes. Il faut baisser les taxes. Une autre priorité est de revaloriser les retraites. Notamment celle des métiers à bas salaire. Ces gens-là triment toute leur vie et au final ils n’ont rien, même pas assez pour vivre le quotidien. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas juste, d’autant qu’un député, il suffit qu’il fasse un mandat pour toucher 600 euros de retraite et ce, durant toute sa vie.
Enfin, pour moi, il faut qu’il y ait plus de justice et surtout une égalité devant la justice. Aujourd’hui, le justice est complètement disproportionnée. On incarcère les gilets jaunes à la moindre connerie. Je suis d’accord dans le principe mais ce qu’on voit, c’est qu’à l’inverse, un CRS qui blesse quelqu’un, il n’est jamais inquiété. Les enquêtes de l’IGPN, elles sont faites mais on n’a pas les compte-rendus de l’enquête, bizarrement, il n’y a eu aucune condamnation. La semaine dernière en Lorraine, il y a un CRS, il est filmé à visage découvert en train de viser la tête d’un manifestant. Il vise et il se marre en même temps. Quand il se rend compte qu’il est filmé, il tourne son arme vers le cameraman en lui disant : « si t’arrêtes pas de filmer, la prochaine c’est pour toi ». Ce gars, on a son visage, on a ses paroles mais on ne fera rien, il ne sera jamais inquiété. Ce genre de déséquilibre dans la justice, ça attise la haine forcément.
Il ne faut pas se leurrer, le droit de manifester, c’est fini en France. L’Etat a serré la vis. Avant, lorsque je travaillais à l’usine, je faisais des manifestations aux côtés des syndicats, un jour on a même été se mettre devant Bercy pour défiler. Jamais, on n’en est arrivé à ce point de répression. Il y avait des échauffourées, toujours, entre manifestants et forces de l’ordre mais ça faisait partie du jeu, jamais, personne n’a été incarcéré pour avoir manifesté. Jamais on nous a tiré dessus, jamais on a eu des gardes à vues comme ça. L’autre jour, un pauvre gars en fauteuil roulant s’est fait gazer alors qu’il participait à la manifestation. Il s’est fait gazer alors qu’il était en fauteuil roulant, c’est totalement aberrant comme situation.
L’Etat met la pression. Il a choisi la répression, il fait durer l’attente. En haut, ils espèrent qu’on lâchera le morceau. C’est ce que m’a dit un élu la dernière fois lors du grand débat : « de toutes façons, on sait bien qu’en juin, vous ne serez plus là, vous les gilets jaunes. » Qu’est-ce qu’il en sait au fond?

Dans la vallée, heureusement qu’on était là, le jour où ils ont menacé de fermer la policlinique de Schirmeck. S’il n’y avait pas eu les gilets jaunes, personne ne serait monté au créneau. On a récolté 8000 signatures en quelques jours. On était même prêts à monter à Nancy au siège de l’ARS. Tout le monde était de nôtre côté, les pompiers comme les gendarmes, tout le monde a intérêt à garder la policlinique sur Schirmeck. Je suis dans les gilets jaunes pour mener ce genre d’actions. Je trouve qu’on a notre mot à dire sur les décisions prises dans la vallée. Au collège, il y a des classes qui vont fermer et on va se mobiliser pour qu’elles ne ferment pas. On se bat aussi contre les licenciements qui viennent d’être annoncés à l’usine Punch à Wisches. Sur les 52 salariés, 5 vont pouvoir rester, 25 vont être reclassés et le reste, c’est du licenciement pur. Punch a failli racheter Ford l’an dernier, qu’on n’aille pas me dire qu’ils ont des difficultés financières. C’est pourquoi, la semaine dernière, on est allés à une dizaine sur le site pour soutenir l’action des salariés. Ce qui était drôle c’est qu’on avait nos gilets jaunes mais que eux aussi avaient mis un gilet jaune à tel point qu’on ne nous distinguait plus. Alors quand je suis passé à la télé, j’ai des copains qui m’ont appelé en me disant : « tu ne m’avais pas dit que tu travaillais chez Punch …»

Ce genre de bataille, ça me paraît important, c’est pour cela que je reste Gilet jaune. Je le dis haut et fort, je n’ai aucun problème à défendre mes idées. On peut même dire que j’aime ça, j’aime argumenter et tenir le débat. Je sais convaincre, c’est une qualité que j’ai reprise de mon père, il était commerçant. Lors d’une porte ouverte que nous avons organisée au QG, un couple est arrivé avec des propos radicalement anti-gilet jaune. Pour eux, on était tous des cas soc’, autrement dit des assistés qui ne voulaient pas aller travailler. Le monsieur avait travaillé toute sa vie, 48 heures par semaine. Pour lui, ses 1700 euros de pension, il les avait gagnés à la sueur de son front. Je sais comment prendre les gens, je sais qu’il faut commencer par aller dans leur sens avant de pouvoir les retourner. Je suis allé vers lui et je lui ai dit : « Monsieur, j’ai suivi votre conversation, pour moi, il est hors de doute que vous méritez bien votre retraite. Si vous le permettez, j’aimerais vous expliquer pourquoi moi, qui suis patron, en travaillant 60 heures par semaine, je suis gilet jaune. » A la fin, le gars, il était devenu mitigé. Il n’était pas à 100 pour cent gilet jaune mais il n’était plus 100 pour 100 Macron. Un quart d’heure de plus et je fais le pari qu’il signait pour l’association. C’est ce que j’aime dans le mouvement, cette possibilité d’échanger nos idées même quand on n’est pas d’accord. Dans ma famille, avec les amis, c’est pareil, je cherche la discussion, j’aime croiser le fer, mais quand je sens qu’en face ça se durcit, je n’insiste pas. Quand je sens que ça dérape, je me tais ou je change de sujet. Je ne veux pas prendre le risque de perdre une amitié. Est-ce que cela en vaut le coup ?

C’est ce que le gouvernement souhaite. Macron cherche à nous diviser. En ce moment, il pratique la stratégie de l’usure.
Moi je ne rentre pas dans ça. En ce moment, il y a une division au sein des gilets jaunes de la vallée. Il y a eu des dégradations, des mots de travers, des factions se sont créées au sein de notre groupe. Lundi dernier, j’ai été au QG et j’ai récupéré les affaires que j’avais mises en prêt, un poêle, des machines… Je ne veux pas rentrer dans ce genre d’histoires. Les gens qui ont repris le QG sont favorables à des actions de force, ils veulent bloquer le tunnel. Je suis du côté de ceux qui ne veulent pas créer de problèmes avec les policiers. C’est l’accord qui a été passé, on ne bloque pas le tunnel et tout se passe bien, on nous laisse mener nos actions. Je trouve ça plus correct que d’aller à l’affrontement.

Aux Gilets jaunes, j’ai rencontré des gens formidables. Il y a de l’entraide qui s’est créée. L’autre jour, j’ai vidé une maison et j’ai demandé si quelqu’un voulait récupérer les meubles pour lesquels je n’avais pas trouvé d’acheteurs. Une copine des gilets jaunes m’a répondu, elle est seule avec deux enfants, je lui emmène l’armoire demain.
Je préfère voir les objets circuler et puis resservir plutôt que de les voir terminer leur vie à la benne. Les objets, je les aime parce qu’ils ont une mémoire, chacun est une trace du passé.

Dans ma collection personnelle, il y a des livres que je garde, je n’arrive pas à m’en séparer. La plupart sont des alsatiques. J’ai un livre, il date du 18 ème siècle, il faisait partie de la bibliothèque du comte de Salm. Pour l’obtenir, j’ai mis un nombre à quatre chiffres. C’est mon trésor. Les armoiries du comté de Salm sont gravées sur la couverture de cuir mais aussi à l’intérieur sur la première page.
J’ai gardé aussi beaucoup de choses relatives au camps du Struthof. J’ai des brochures d’époque, des dépliants rédigés après la guerre, j’ai même une broche que m’a offerte un ancien. Il l’avait reçue lors de la première cérémonie du souvenir. Ça aussi c’est un trésor, quand la personne me l’a donnée, elle m’a précisé qu’il n’y en avait que trois dans le monde. Celle-ci, je ne la vendrai jamais.

Récemment, on m’a parlé de quelqu’un qui collectionnait les objets des gilets jaunes. Quand j’ai appris ça, j’étais heureux. Collectionner ce genre d’objets ce n’est pas anodin, on ne fait pas ça par pure spéculation. Je me dis que si ça rentre dans une collection, c’est que c’est passé dans la mémoire des gens. J’ai trois objets gilets jaunes. J’ai un pins et un bonnet. Le bonnet, c’est une femme de gilet jaune qui l’a cousu elle-même. Elle en a fait quinze en une nuit, elle nous les a distribués le lendemain, c’est sûr, elle n’en fera pas d’autres.
Le troisième objet, j’y tiens encore plus. Il était dans la cabane, je l’ai récupéré avant que tout ne brûle. C’est une souris réalisée au tricot, elle porte un gilet jaune sur un pull bleu avec une signalétique rappelant le handicap. Une dame est venue nous l’apporter un jour. La dame avait une sclérose en plaque, d’où le motif sur le pull. Elle avait passé des heures sur cet ouvrage, ce n’était pas du tout évident avec sa maladie. Quand elle nous l’a donné, elle nous a dit : « ne me demandez surtout pas d’en faire un autre, je n’y arriverai plus. »
Cet objet, il est là, j’y tiens, j’en prends soin. Pour moi, ça a valeur de mémoire, c’est vivant, ça fait partie de notre histoire.

Paroles de Laurent Brignon
Mise en écriture de Myriam Dhume-Sonzogni


 

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