Arnauld | poème

Il y a des choses
que tu n’oublies pas.

La plongée de tes mains
dans la terre,
fouillant le sol
jusqu’à la paume de tes racines.

Tu étais là,
à ta place,
mêlant ta sueur
à la sueur
montant de l’étable.

Comment oublier ?
Le vol des perruches
le matin dans ta grange.
Tu étais là,
vivant et souple
Le temps n’avait pas encore durci ta carapace.

Peu importe qu’ils t’aient déçu
et puis à nouveau reçu
Tu étais là, à ta place,
Mêlant ta sueur
à la sueur
montant du rond-point.

Tu es là, vivant, un peu moins souple
Le temps n’a pas fini de durcir ta carapace.

Myriam Dhume-Sonzogni
juin 2019

Stéphanie | poème

T’as essayé
persévéré
aucun regret
quand vous étiez
quelques milliers
les licenciés
précarisés
les délaissés,
dans la mêlée
tu t’es jetée.

T’as essayé
persévéré
Tout est plié
rien n’a cédé
quelques milliers
c’est pas assez
essoufflée
tu t’es usée
démoralisée
tu es rentrée.

Où êtes-vous,
tous ces milliers ?

Kathie | poème

Ton rond-point brûle

à l’heure creuse
d’une nuit sans veille
montée de flammes
à ciel ouvert
bataille perdue
dans le désert
ton cœur ailleurs
espoir vidé
matin de cendre
joie consumée
tête à l’envers
gilet cramé
que reste t-il ?

ton rond point a brûlé.

Myriam Dhume-Sonzogni mars 2019

Portraits poétiques – présentation

Portraits poétiques

Dans la rencontre, je voulais prendre ma part.
Je ne pouvais accepter qu’on dise simplement : ils sont fainéants, violents, intolérants, inconséquents, racistes… Je ne pouvais pas l’accepter parce que la rencontre me semble bien plus riche qu’un simple cliché. Le cliché, quand il est dégainé trop vite, coupe court à la rencontre, il ouvre la voix au mépris. Cela, je ne pouvais l’accepter.
Eux et nous, c’est une autre chose que je n’accepte pas. Parce que je me sens eux comme je me sens nous. C’est une question de dignité. De fraternité, comme dit l’autre.
De quelle manière prendre part ? Je suis écrivaine, je suis poète, j’ai pour moi cette possibilité de prendre le temps. D’écouter puis de restituer, avec mes mots mais pas seulement. Avec des mots dont ils ou elles puissent se sentir fier.e.s. Ils ou elles. Les gilets jaunes de ma vallée. Ceux du rond-point de Schirmeck, ceux du rond-point de Saint-Dié, peut-être plus loin. Je me suis dit que je pouvais faire leur portrait.
Dire sans réduire. Tenter de faire entendre au plus près de leur parole. Sans apparaître comme prédatrice.
Mon but n’est pas de faire à partir de mais de faire avec. Que l’écriture naisse au sein de cette rencontre et qu’elle y reste fidèle. Il me faudra écouter et puis réécouter. Il me faudra écrire et faire relire, échanger et modifier, coudre et recoudre encore le texte afin qu’il s’ajuste le mieux possible à la parole entendue. Ce serait comme tailler un vêtement sur mesure. Écrire comme on serait artisan.
Un portrait, un poème. Cela me plaît d’assortir chaque portrait d’un poème. C’est la part dédiée à l’envol. Un horizon utopique de la parole entendue. Mon regard sans retenue. La possibilité que je me donne d’un écart. Le portrait c’est elles, c’est eux, ce sont les gilets jaunes de ma vallée, le poème c’est un peu moi d’un peu d’eux, une sorte d’alchimie.
Le contrat est clair, je ne publierai pas de portrait sans que la personne ne donne son accord. C’est une question d’honnêteté. Mais si elles, ils, y consentent, j’aimerais qu’ils, elles, soient rendu.e.s visibles. J’aimerais qu’il y ait leurs mots, j’aimerais qu’il y ait leurs noms, j’aimerais qu’il y ait leurs visages.
Pour cela, il est possible que nous puissions faire venir d’autres artistes à ce projet. En veillant à ce que l’esprit de l’accord ne se perde. Faire avec. Faire dans le sens d’une dignité partagée. Faire en prenant le temps de la rencontre. Faire en sorte que lève la fierté du bel ouvrage accompli ensemble.

Février 2019

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Nathalie | portrait

Je rencontre Nathalie à la fin du grand débat organisé par la mairie de Saâles. Elle discute avec deux autres personnes. J’attrape ces mots au vol : « ne croyez pas ça, dans ce mouvement, bien au contraire, il y a de l’entraide et de ma solidarité. » Mon projet n’est pas encore précis dans ma tête mais lorsque je demande à Nathalie si elle accepte que je fasse son portrait, elle me dit oui tout de suite. Elle me dit oui et cela lui met des larmes dans les yeux.
Je retourne la voir deux jours après chez elle. On entre par le garage, l’aboiement du chien fait office de sonnette. Dans le salon, une grande table en bois et autour, des petites filles qui font du bricolage. L’une coud une licorne et l’autre un panda. La troisième, plus petite, se réveille de la sieste. Nathalie est nounou. Elle a un grand jardin qu’on voit depuis la baie vitrée du salon, trois chats, un chien et un autre à temps partiel, qu’elle garde lorsque sa fille travaille

Depuis quand je suis gilet jaune ? Depuis toujours, je crois. Depuis l’enfance, en fait. J’ai toujours aidé les autres et j’ai toujours été intéressée par les autres. Chez moi, il y a l’ assiette au cas où, je la mets systématiquement sur la table au cas où quelqu’un viendrait pendant le repas. Pour moi c’est ce qu’il y a de plus important, ça et puis l’injustice. L’injustice est une chose qui me révulse profondément, l’injustice, je ne la tolère pas, tout simplement.
Dans le mouvement des gilets jaunes, j’ai trouvé cette justice, j’ai trouvé cette entraide. Au rond-point, tu peux être n’importe qui, chef d’entreprise, chômeur, intérimaire, tu viens, on t’invite à t’asseoir, on t’offre le café. J’y suis allée, on m’a offert le café, on m’a parlé, on m’a écoutée et à la fin on m’a dit : tu reviens la semaine prochaine ? et voilà, c’est comme ça, tu rentres dans le mouvement sans même t’en rendre compte. C’est fraternel. La semaine suivante, on fait un barbecue, on te dit : viens ramène deux-trois saucisses, on met ensemble, on partage et pendant ce temps on refait le monde. Avant c’était dans les cafés, maintenant c’est sur les ronds-points, on refait le monde tous ensemble. C’est ça le mouvement des gilets jaunes. Il y a la liberté, il y a l’égalité, il y a la fraternité. Liberté de parler, fraternité parce qu’il y a de l’aide, égalité parce qu’on est tous dans la merde.

Avant, je ne disais pas que je n’y arrivais pas. J’avais honte. Dans les petits villages, on ne le dit pas qu’on n’y arrive pas. A payer notre maison, à régler nos factures. On n’a pas le courage d’aller à la mairie demander à payer en deux fois la facture d’eau, on se cache. On a honte.
Je travaille, mon mari travaille, on a deux salaires et pourtant, on n’arrive pas à couvrir les dépenses du quotidien. Mon frigo est vide et il le restera jusqu’à la fin du mois. On va faire du riz, on va faire des pâtes, on va faire des patates, je sais cuisiner, c’est ma chance.
Comment ça arrive, on ne s’en rend pas compte. Il y a deux ans, une fois par mois je remplissais mon caddie. Maintenant avec la même somme, je ne remplis plus mon caddie, je n’y arrive plus. J’arrive au dix du mois, je ne peux plus faire les courses et mon frigo reste vide jusqu’à la fin du mois.
La descente elle se fait doucement, petit à petit.
J’ai été obligée de vider mon épargne. Maintenant, s’il y a un problème, on n’a plus de quoi avancer. Je prie pour que ma voiture ne tombe pas en panne, c’est tout ce que je peux faire. Si ma voiture tombe en panne, mon mari ne pourra plus aller travailler et il perdra son travail. Et après ? Où je trouve l’argent moi ? Je travaille 50 heures par semaine, est-ce qu’il faut que j’en travaille 80 ? J’ai dit à mon banquier que la seule chose qui me restait c’était de faire le trottoir. Je sais, je suis trop vieille mais, sérieusement, j’y ai pensé. Quand j’ai été voir l’assistante sociale, vous savez ce qu’elle m’a dit ? Madame, il y a de jolis ponts dans le secteur, vous pouvez toujours dormir sous les ponts.
Ils disent qu’on est rien, comment peuvent-ils dire cela ?
Mes parents s’en sortaient mieux même avec quatre enfants. Eux, c’était entrée plat dessert à chaque repas. Moi je suis obligée de choisir.
Mon rêve ce serait de pouvoir m’acheter un pantalon pendant les soldes. Aller dans la boutique où travaille ma fille et choisir un pantalon sans regarder le moins cher. Mais surtout ce que j’aimerais, c’est pouvoir aller faire mes courses après le dix du mois pour remplir ce maudit frigo. Le remplir vraiment, le remplir tellement que je sois obligée de pousser la porte pour pouvoir tasser les choses à l’intérieur. J’en rêve la nuit de ça. Et puis aussi les étagères. Ouvrir mon placard et que les étagères soient pleines, qu’il y ait, je sais pas, cinq paquets de céréales différents et puis deux ou trois tablettes de chocolat différent. Celui que je préfère, c’est le chocolat blanc à la noix de coco mais j’en achète jamais, je ne peux pas.
Si je pouvais, j’aimerais inviter des copains à manger et qu’on se fasse autre chose que des spaghettis bolognaises. Inviter du monde à mon anniversaire, cela fait un bail que je ne le fais plus. Je fais la digne comme ça, je dis que je m’en fiche, une année de plus, une année de moins, je dis que je n’ai pas envie de le fêter. Ça c’est pour les autres que je dis ça mais au fond ça me crève le bide de pas pouvoir le faire.
Je n’ai même pas vingt euros pour donner aux restos du cœur.
Je suis tombée bien bas.

Mes parents, eux, avaient une vie plus digne. Mon père était marbrier, il était reconnu dans son travail. Son patron le félicitait quand il faisait de la belle ouvrage mais moi, qui vient reconnaître mon travail ?
On bosse comme un cri, on est des kleenex. Moi, au boulot, ça se passe bien tant que je ne dis pas non, tant que j’accepte ce qu’on me demande de faire. Si demain, je dis non, ça ira une fois peut-être deux. La troisième fois, si tu râles, on te dit qu’il y en a cent derrière toi qui attendent ta place. Aujourd’hui pour garder son boulot, il faut accepter de se faire traiter comme des chiens, on n’en parle pas assez, on se tait.

Ici, au village, je ne mets pas mon gilet jaune. Déjà que je passe pour une râleuse. Avec un gilet jaune, on me mettrait une étiquette, on dirait que je suis violente, intolérante, et ça je ne veux pas. Le maire sait, quelques bons amis savent, après ça me regarde, ça ne regarde que moi.
Mentalement je serai toujours gilet jaune. La motivation elle est là. Maintenant que j’ai ouvert ma bouche, je ne la fermerai plus. J’ai trouvé mon engagement.
Je suis allée trois fois à Paris. J’ai fait l’acte I, l’acte II et l’acte III. Faut faire ça au moins une fois dans sa vie. Dans la manif, t’es noyée dans une masse, tout le monde converge dans le même sens, c’est extraordinaire. Ce n’est pas seulement qu’on marche d’un point A à un point B, ce n’est pas seulement ça. Avant tout, c’est cette fraternité entre nous, ça nous soude. C’est comme si on partageait une forme d’amour, l’amour avec un grand A. On est proche de son voisin, de sa voisine, on n’est plus tout seul, on fait partie d’un groupe, on est tous ensemble. Ce que nous on n’a pas, on le réclame légalement et fortement, on le réclame d’une même voix.
On veut quoi ? On veut de la liberté, on veut du pouvoir d’achat, de la démocratie, on veut s’aimer les uns les autres, on veut se respecter, on veut que les gens nous respectent et ça c’est génial. Le moment le plus fort de la manif c’est quand on chante ensemble la Marseillaise. On est plus de vingt-mille et on chante ensemble la Marseillaise. J’en ai encore des papillons dans le ventre. C’est un moment extraordinaire.
Quand je suis rentrée de Paris, j’étais fière de moi, j’avais des étoiles dans les yeux. Je disais, j’ai fait Paris, j’ai fait les gilets jaunes. On a été bousculés, gazés, mais qu’importe, ce qui compte c’est cette fraternité.
Ça fait du bien de se dire qu’on n’est pas seuls.

Je me dis qu’il ne faut pas qu’on perde ça. Dans deux mois, trois mois, peut-être qu’on sera encore sur les ronds-points, peut-être qu’on n’y sera plus mais il faut qu’on poursuive cette entraide. On ne peut pas se dire simplement, on arrête, on retourne chez soi. Cette énergie qu’on a tous ensemble, le vendredi soir, ça me recharge déjà les batteries. Le fait de me dire, je vais y aller, je vais retrouver les autres, je vais continuer de me battre, ça me tient toute la semaine, ça évite que je me noie dans la routine. Je ne peux pas imaginer que ça s’arrête. Je me dis, il faudra qu’on en fasse quelque chose, on pourrait aller s’aider les uns et les autres sur des chantiers. Par exemple, si l’un doit refaire sa maison, les autres pourraient aider. On pourrait créer une association, quelque chose. Une chose est sûre : maintenant que j’ai pris toute cette lumière, je ne peux pas me résoudre à retourner dans l’ombre.

On dit qu’on est violents, on nous traite de talibans. Mais t’es obligé d’avoir de la violence, on te pousse à la violence. Au début, quand on essayait de parler, on nous écoutait pas. On a commencé à nous écouter à l’acte III alors là oui, ils ont bougé mais pour faire quoi ? On a donné 100 euros de prime à certains, personnellement je n’en ai pas vu la couleur. Tout ce qu’on a fait c’est de créer encore plus de distension, encore plus d’injustice. On va dire, pourquoi lui il a droit et pas moi ? Alors que la vérité c’est qu’on y a tous droits, on est tous dans le besoin. Le but d’une société, ça devrait être de faire monter les gens, pas de les couler. Au lieu, de ça, on nous matraque, on nous gaze, on nous répond par des flashballs, c’est ça la France ? C’est ça les droits de la France ?
Maintenant on parle du grand débat. J’y vais au grand débat, je fais entendre ma voix. Mais si au bout du compte, on n’obtient rien de concret, qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce que je vais faire ? Je vais rentrer chez moi, baisser les oreilles et attendre que ça se passe ? S’il faut descendre dans la rue et tout casser alors j’irai, ça ne me pose aucun problème de conscience. Je ne suis pas violente, ce n’est pas dans mon caractère, ce que je demande c’est une réponse. Pas forcément la bonne réponse, mais une réponse tout simplement. Ce que je veux, ce n’est pas le pouvoir. C’est même pas avoir plus d’argent. C’est exister. Je veux exister. Être reconnue. Qu’on me dise, oui tu existes, non je ne suis pas indifférent à ton sort.
Et alors, sinon quoi, qu’est-ce qu’il faut faire pour que vous nous voyiez ? Faut crever devant vous la bouche ouverte ? faut s’immoler ? Regardez-nous on est là, on est la France, on n’est pas des exclus, on n’est pas des miséreux, on est des êtres humains.

Quand j’étais petite, je voulais être mère Thérésa, mais gilet jaune c’est encore plus fort. Être gilet jaune c’est comme être mère Thérésa pour toute la planète.
J’aimerais ça plus tard, lire dans un livre d’histoire que le mouvement des gilets jaunes a changé le monde. C’est une chose qui me met des étoiles dans les yeux.
Je pense au jour où je ne serai plus là. Je ne tiens pas à ce qu’il reste quoi que ce soit de mon enveloppe charnelle. Être incinérée et que mes cendres aillent dans le lac de Salagou, cela me convient. Mais j’aimerais qu’il reste une trace de moi, une photo, un portrait, un poème et surtout mon engagement des gilets jaunes. J’aimerais ça, qu’on mette en épitaphe quelque part : un jour, j’ai été gilet jaune.
J’en serai fière. L’idée que je puisse faire partie de ceux qui ont changé le monde. Qui ont fait en sorte que ce ne soit plus la finance mais l’humain qui soit au centre des décisions. Qu’on remette tout dans le bon sens. Que ce soit un peu grâce à moi, parce que j’ai osé râler et dire que je crevais de faim.
Mon utopie elle est là.

Paroles de Nathalie De Tena
Mise en écriture de Myriam Sonzogni

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Nathalie | poème

Jusque-là
tes mots,
dans ton placard
tu les laissais.
Tes mots du peu, tes mots du rien,
tes mots coulants,
dans ton placard
tu les laissais,
manger le vide
au cul de ta faim.

Jusque-là
sans un mot,
tu bosses comme un cri.
Jamais non toujours oui
tu sais qu’un mot
mot de trop
tout s’arrêterait
et après ?
sans caution
ni loyer,
il y a de jolis ponts
Nathalie
où aller.

Jusqu’au
rond-point
de cette fraternité,
euphorisant
tes mots du trop, tes mots du rien,
tes mots coulants.
Mille papillons
dansent
à l’intérieur de ton ventre,
tandis que tu oses,
ensemble
tu oses.

Ta voix est belle quand elle est portée par le chant.

février 2019

Sylvain | poème

Dans la rue,
tu y vas
chaque samedi
on te repousse
la fois suivante
tu y retournes.

Tonfa brûlure limant ton crâne
est-ce que tu le fais exprès ?
Ta peau cuisante
larmes qui montent
est-ce que tu aimes ça ?

Chaque samedi
on te le dit
la rue n’est pas à toi
à qui est-elle?
Si tu t’obstines
emmène ton masque
n’y vas pas seul.

Fleurs ecchymose rouant ton corps
est-ce que tu le fais exprès ?
douilles perdues
sans plus d’orbite
Est-ce que tu aimes ça ?

On ne veut plus t’y voir
dans la rue
quand l’auras-tu
compris enfin ?
Si tu y vas on te le dit
cela risque bien
d’être ton dernier samedi.

MDS mars 2019

Joëlle | poème

Toi,
bien sûr,
t’en portes pas

ce que tu portes
insupporte
chacune
de tes vertèbres
jusqu’à ce que
ton dos
n’en puisse plus
et après ?
parait
qu’en France
faut traverser
la galère
tu la connais
la galère
t’as déjà morflé.

Après c’est sûr,
toi le costard
t’en portes pas
tu te portes toi
sous ton gilet
c’est déjà bien
c’est bien plus flash.

Myriam Dhume-Sonzogni
mars 2019

Laurent | poème

Ce n’est pas là ton premier métier
Ce n’est pas là ta première vie
et surtout pas ton premier combat

C’est dans la paume de ta main
C’est dans le lointain de tes yeux
dans le filet de ta voix

Tout ce que tu as vécu
marchant démarchant
Tu l’as construit et puis vidé

en corps à corps des rêves de sel
la mémoire filigrane
gravée sur la peau de tes livres

Ce que tu vivras encore
marchant démarchant
Tu le vides et puis tu reconstruis

Serait-ce là ton dernier métier
Serait-ce là ta dernière vie ?
mais surtout pas ton dernier combat.

Myriam Dhume-Sonzogni
mars 2019
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